@ Attaqué par un requin
L'attaque d'un requin d'environ deux mètres sur un jeune bodyboarder hier après-midi à Boucan Canot vient anéantir la légendaire réputation qui faisait du spot de surf le site le plus sécurisé de l'ouest. "Le mythe est cassé", aux yeux des adeptes. Souffrant de plaies superficielles, la victime, Vincent Bouju, 17 ans, a été transportée au CHGM de Saint-Paul.
"Il va très bien : il a eu beaucoup de chance". Ce sont les rares mots échangés par le père de la jeune victime qui patientait hier après-midi dans la salle d'attente des urgences du CHGM, quelque peu angoissé, pendant que Vincent était pris en charge de l'autre côté des murs. Encore sous le choc, il n'a pas souhaité commenter la mésaventure dont a été victime son fils. Ce qui peut parfaitement se comprendre. "Il est le seul à avoir vu ce requin. Il a été attaqué, mais heureusement sans gravité", explique-t-il simplement... Tout s'est passé très vite. Vincent Bouju et un de ses amis s'adonnent à leur passe-temps favori, le bodyboard. Depuis midi, les conditions climatiques se sont nettement détériorées. Les maîtres nageurs sauveteurs hissent le drapeau rouge pour interdire la baignade, car la houle commence à grossir sérieusement. Seuls quelques surfeurs osent encore affronter les vagues, d'une hauteur de 2,5 mètres. Soudain, vers 14 h 30 un jeune homme sort de l'eau en boitillant. "J'ai d'abord pensé à une crampe ou un choc", raconte un des MNS. "Mais quand un de ses copains est venu vers nous, je me suis dit que c'était plus grave. Et là, il nous a dit qu'il venait d'y avoir une attaque de requin".
"ATTAQUE LOUPÉE"
La jeune victime a pu sortir seul de l'eau, malgré sa blessure. "Il avait trois trous sur le dessus de la cuisse et un gros au niveau du genou, précise un MNS. Il était totalement conscient et lucide, et ne semblait pas avoir trop mal. La plaie était impressionnante, mais saignait peu, vu qu'aucune artère ne semblait touchée". Selon le récit rapporté par les MNS, Vincent a d'abord cru avoir heurté une patate de corail. "Mais d'un coup, il s'est senti tiré un peu en arrière, poursuit l'un d'eux. Alors il s'est retourné pour regarder et il dit avoir vu l'aileron et la queue. Il s'est débattu en lui donnant des coups de pieds, puis s'est réfugié sur la patate de corail qui se trouve au milieu du spot, en se disant sans doute que vu la faible profondeur d'eau, le requin ne viendrait pas." Le bodyboarder aurait ensuite, pris une vague qui l'a aidé à sortir de l'eau. "Il a eu beaucoup de chance", estiment les MNS, n'excluant pas l'hypothèse selon laquelle "le requin a loupé son attaque et a ripé sur la jambe de la victime. Car, disent-ils, il n'y a de traces de dents que sur le dessus de sa jambe". D'après la jeune victime, la bête ne dépassait pas deux mètres de long. Pour les MNS qui ont prodigué les premiers soins en attendant l'arrivée des pompiers, les conditions n'étaient pas forcément propices à une telle rencontre. D'une part, l'heure de l'attaque étant inhabituelle, et d'autre part, il est connu que les requins n'affectionnent pas les grosses vagues.
Les règles de prudence 1- Choisir son lieu de baignade La proximité d'une embouchure, d'un port, d'une décharge publique est source de danger. À La Réunion, près de deux attaques sur trois se sont déroulées sur un site de ce type. Certaines espèces de requins très dangereuses (requin bouledogue, requin tigre) fréquentent tout particulièrement les estuaires et les eaux sales ou ils peuvent se nourrir de charognes de toutes sortes. 2- Éviter l'isolement : les victimes sont toujours seules dans l'eau (ou au mieux accompagnées d'une seule personne dans un rayon de 20m), essentiellement dans des zones peu fréquentées, la profondeur moyenne du site d'attaque est de 4,5m et la distance moyenne de la côte est de 35 m. 3- Ne pas surfer en début ni en fin de journée. Plus de la moitié des attaques enregistrées sur nos côtes sont survenues après 16 heures. La plupart des squales ont une activité prédatrice prédominante la nuit. Il faut absolument éviter de surfer au lever du jour et à la tombée de la nuit. 4- Éviter les eaux troubles. Il faut éviter de se mettre à l'eau après des fortes pluies. Plus la visibilité est faible, plus le risque de confusion alimentaire pour l'animal est important. Près de huit attaques sur dix à La Réunion se sont déroulées en eau trouble. La turbidité de l'eau peut être due parfois à de l'eau douce, provenant des rivières et des ravines, chargées en déchets organiques après les précipitations importantes.(le jir du 05/07/2007)







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